BanalScore

Ressource · mise à jour le 28 août 2026

La grille : ce qu'on mesure sur une page, et ce que ça coûte

Une question revient sur tous les sites qu'on nous soumet : pourquoi celui-ci a-t-il l'air d'avoir déjà été vu ailleurs ? BanalScore y répond avec un score, et un score sans méthode ne vaut rien. Voici la méthode, en entier.

Le score mesure la banalité, pas la qualité. Zéro veut dire que la page ne ressemble à aucune autre. Cent veut dire qu'elle tient entièrement dans un gabarit. Un chiffre bas est donc un bon chiffre, et il ne s'affiche jamais seul : le rapport écrit toujours son unité, et c'est la note en lettre qui porte le verdict.

Ce qui suit est le barème réel, lu dans le moteur de scoring au moment où cette page a été construite. Les plafonds, les seuils et les bornes ci-dessous ne sont pas une reformulation : ce sont les valeurs que le code applique.

Six familles, 100 points

Chaque famille a un plafond de pénalité. Une page qui accumulerait dix problèmes de design ne dépasse jamais 25 points sur cette famille, parce qu'au-delà le diagnostic ne change plus. La somme des six plafonds fait 100, ce qui est exactement l'étendue du score.

Les plafonds ne sont pas égaux, et c'est un parti pris. Un site se juge d'abord sur ce qu'il montre, donc le design et la mise en page pèsent le plus. Les détails d'exécution comptent, mais ils ne font pas un gabarit à eux seuls.

FamillePlafondPart mesurée
Design25Mesurée et jugée
Layout20Entièrement mesurée
Copy20Mesurée et jugée
Imagerie15Mesurée et jugée
Preuve sociale10Entièrement jugée
Micro-détails10Entièrement mesurée
Total100Plus le malus de convergence, expliqué plus bas

Ce qui est mesuré, ce qui est jugé

Deux choses très différentes entrent dans le score, et le rapport ne les mélange jamais.

Ce qui est MESURÉ vient d'un détecteur : une valeur relevée sur la page, reproductible au point près d'un scan à l'autre. Ce qui est JUGÉ vient d'un modèle, à qui la grille interdit d'inventer un critère ou une sévérité. Il choisit dans une liste fermée et dans une fourchette fixée à l'avance, celle que vous lisez ci-dessous.

Deux familles n'ont aucune part de jugement : la mise en page et les micro-détails sont mesurés de bout en bout. Une famille n'a aucune part mesurée : la preuve sociale.

Design

plafond 25 points

Mesuré sur la page

  • La police des titres et celle du corps de texte, comparées aux deux listes publiées plus bas.
  • Un dégradé décoratif violet, lavande, ou pastel multicolore, couvrant au moins un cinquième de l'écran. Ou, sans dégradé, une palette dominée par ce même violet.
  • Le thème de shadcn/ui laissé aux valeurs livrées, variable CSS par variable CSS.
  • Les icônes Lucide à leurs réglages de sortie de boîte : 24 pixels, épaisseur de trait 2.
  • Six blocs ou plus au style strictement identique : même rayon, même bordure, même ombre.
  • Un espacement vertical de section quasi unique, sur une page qui compte au moins cinq sections.
  • L'absence de toute décision typographique, et l'absence de toute couleur choisie.

Source : packages/core/src/detectors/design.ts et detectors/direction.ts

Jugé, dans une fourchette fixée

  • Le jugement d'habillagejusqu'à 8 points

    La seule note qu'aucune mesure ne corrobore, et la plus lourde. Elle se rend sur une échelle à paliers nommés, et le titre du rapport suit le palier retenu :

    • 0 à 3 Une identité affirmée, quelques éléments communs
    • 4 à 5 Signature présente, structure passe-partout
    • 6 à 7 Interface interchangeable
    • 8 Habillage de template

Layout

plafond 20 points

Mesuré sur la page

  • Un hero centré accompagné d'une tache floutée ou d'un dégradé de fond.
  • La séquence hero, features, témoignages, appel à l'action, et seulement sur une page d'au plus six sections de contenu. Au-delà, un site riche contient cette suite sans être un gabarit, et le signal ne se déclenche pas.
  • Une section en grille asymétrique, dite bento.
  • La même composition rejouée : trois sections ou plus portant le même nombre de cartes, centrées. Les mêmes grilles alignées à gauche ne comptent pas, c'est un rythme et non un gabarit.
  • Quatre grandes sections ou plus, toutes centrées, aucune asymétrie.
  • Une page qui tient en une seule section, donc sans séquence.

Source : packages/core/src/detectors/layout.ts et detectors/direction.ts

Copy

plafond 20 points

Mesuré sur la page

  • Les tirets cadratins en rafale : à partir de cinq, et rapportés au nombre de mots de la page.
  • Un lexique fermé, français et anglais, compté occurrence par occurrence. La sévérité monte avec le compte, et la preuve cite les tournures relevées.
  • Les listes à puces ouvertes par un emoji, à partir de quatre lignes.

Source : packages/core/src/detectors/copy.ts

Jugé, dans une fourchette fixée

  • Accroches creuses et interchangeablesjusqu'à 7 points
  • Vocabulaire vu partout dans les textesjusqu'à 6 points
  • Ton marketing uniforme, sans voixjusqu'à 5 points
  • Mélange de langues incohérentjusqu'à 2 points

Imagerie

plafond 15 points

Mesuré sur la page

  • Des lignes de texte réduites à un seul pictogramme, à partir de trois : un emoji qui occupe la place d'une icône dessinée. Un emoji dans une phrase ne compte pas, c'est une voix.
  • L'absence de tout visuel qui appartienne au site.

Source : packages/core/src/detectors/imagery.ts et detectors/direction.ts

Jugé, dans une fourchette fixée

  • Visuels sans direction proprejusqu'à 7 points
  • Mêmes overlays plaqués sur les imagesjusqu'à 4 points

Preuve sociale

plafond 10 points

Mesuré sur la page

  • Rien. C'est la seule famille entièrement confiée au jugement, et nous préférons l'écrire que le laisser deviner : un témoignage se lit, il ne se compte pas. Le jour où une mesure honnête existera, elle sera ajoutée ici.

Source : aucun détecteur déterministe à ce jour

Jugé, dans une fourchette fixée

  • Témoignages sans voix ni preuvejusqu'à 6 points
  • Logos de confiance invérifiablesjusqu'à 3 points

Micro-détails

plafond 10 points

Mesuré sur la page

  • Le favicon : absent, ou celui livré par défaut avec le cadre de développement.
  • Les métadonnées de partage : ni titre ni image Open Graph.
  • Le texte de remplissage resté en place, faux nom de société compris.
  • Les liens morts : plus d'un lien sur trois pointant vers le vide, ou cinq liens morts.
  • Aucune identité déclarée : ni favicon réel, ni image de partage, ni description.

Source : packages/core/src/detectors/micro.ts et detectors/direction.ts

Les deux listes de polices, en clair

Les polices sont le premier signal que tout le monde reconnaît, donc celui où il est le plus facile de se tromper. Voici les deux listes, telles que le moteur les lit. Elles sont comparées par préfixe, ce qui fait qu'une déclinaison compte comme la police d'origine.

Les piles traitées comme des valeurs par défaut

intergeistrobotoarialhelveticasystem-uiui-sans-serif-apple-systemsegoe ui

Les polices de gabarit, propres et interchangeables

plus jakarta sansdm sanspoppinsmanropeoutfitsorafigtreeurbanistlexendonestspace groteskinstrument sansinstrument serifschibsted groteskpublic sansbe vietnam pro

La première liste ne coûte quelque chose que si les titres ET le corps de texte y tombent tous les deux. La seconde ne coûte presque rien seule, et ne devient chère que dans un faisceau.

Aucune de ces polices n'est interdite, et ce n'est pas une précaution de langage. De très beaux sites tiennent sur la première ligne de cette liste. Le signal ne dit pas que la police est mauvaise, il dit que ce choix-là ne vous distingue de personne. Ce qui coûte cher, c'est de le cumuler avec le reste.

Pourquoi un signal isolé ne coûte presque rien

Un signal isolé ne coûte presque rien. Plusieurs à la fois, beaucoup plus.

Chaque signal mesuré porte deux prix. Le prix plancher est ce qu'il coûte quand il est seul sur la page. Le prix haut ne s'applique qu'à une condition : que la page présente un faisceau, c'est-à-dire un ensemble de signaux qui se répondent. Sans faisceau, tout le monde paie le prix plancher.

Un signal est candidat au faisceau si son prix haut dépasse son prix plancher, ou si son prix plancher atteint déjà 4 points. Le faisceau s'ouvre par l'une des quatre voies suivantes, et par la première qui est satisfaite.

  1. A

    Une empreinte de générateur relevée dans le code source de la page, avec au moins 2 signaux candidats. C'est une empreinte lue dans le code, pas une déduction sur l'auteur : vous pouvez avoir écrit votre page à la main et n'avoir emprunté qu'un bloc.

  2. B

    La revue visuelle ne trouve aucun élément distinctif à nommer, avec au moins 3 signaux candidats. C'est ce qui sépare un système de design volontaire, sobre mais signé, d'un habillage sans identité. Aucune mesure ne fait cette différence.

  3. C

    Au moins 2 signaux forts, c'est-à-dire dont le prix plancher atteint 4 points, répartis sur au moins 2 familles, avec au moins 3 candidats en tout.

  4. D

    Assez de preuve mesurée pour se passer du jugement : au moins 6 points de prix plancher cumulés par les seuls détecteurs, répartis sur au moins 2 familles, avec au moins 2 candidats mesurés. Le jugement du modèle n'entre ni dans la somme, ni dans le compte des familles, ni dans celui des candidats.

L'ouverture du faisceau ajoute 6 points au score. La convergence est une information en soi : ce n'est plus une addition de défauts, c'est un motif.

La condition de familles multiples est ce qui protège les beaux sites, bien plus que le niveau des seuils. Trois réflexes de design sur une page par ailleurs signée ne suffisent pas. Il faut qu'ils se répondent d'un registre à l'autre. Un beau site qui a oublié son favicon ne perd pas deux crans de note, et c'est délibéré : un faux positif sur un beau site coûte plus cher que dix faux négatifs.

Cette prudence a un prix que nous assumons. Des gabarits non modifiés dont tous les signaux tiennent dans une seule famille passent au travers, et gardent une bonne note. Nous les ratons volontairement.

Une page vide n'est pas une page sobre

Un barème qui additionne des pénalités a un défaut structurel : une page vide ne déclenche rien, donc elle sort avec une note parfaite. C'est faux sur le fond. Une page qui n'a rien décidé est le site le plus interchangeable qui soit.

La grille cherche donc aussi ce qui n'a jamais été tranché, avec cinq marqueurs de parti pris : une typographie, une couleur, un élément graphique qui appartient au site, une composition en plusieurs temps, une identité déclarée. Chacun se franchit dès qu'une seule décision a été prise dans son registre, et ils sont volontairement bon marché.

En dessous de 2 marqueurs, la page est traitée comme sans direction artistique, et la pénalité se répartit sur quatre familles à la fois.

Avec une exception, qui vaut d'être connue parce qu'elle a été ajoutée après un vrai faux positif. Une page qui porte une charge éditoriale réelle échappe entièrement à ce jugement. Un texte long, varié, qu'on ne pourrait pas échanger contre celui d'un autre domaine, est déjà une décision. Une page de texte nu écrite par quelqu'un qui a quelque chose à dire n'est pas une page vide : son absence d'habillage est un registre, pas un oubli.

Les bandes et les notes

Le chiffre sert à ordonner, la lettre sert à comprendre. Les cinq bandes et les onze notes se recouvrent exactement, donc une lettre et une lecture de bande ne peuvent jamais se contredire.

Points de banalitéNotesLecture
0 à 15
A+0 à 4A5 à 9A-10 à 15
Pas banal !
16 à 30
B+16 à 20B21 à 25B-26 à 30
Une vraie patte, des automatismes
31 à 50
C+31 à 37C38 à 44C-45 à 50
Des airs de déjà vu par endroits
51 à 75
D51 à 75
Déjà vu, en grande partie
76 à 100
F76 à 100
Déjà vu 1 000 fois

Au-delà de 50 points, la note cesse d'être subdivisée : le diagnostic ne change plus, seul le volume de correctifs augmente. Et le chiffre ne se lit jamais nu : un rapport à 30 affiche « 30 points de banalité sur 100 », sous la lettre qui porte le verdict.

Ce que ce score ne dit pas

Une méthode se juge autant sur ce qu'elle refuse de mesurer.

  • On ne cherche pas à savoir si un site a été fabriqué par une intelligence artificielle. Ce test n'est pas dans la grille et n'y entrera pas. On mesure ce qu'une page donne à voir, jamais la façon dont elle a été produite. Compter un lexique dit que la page emploie des tournures très employées, il ne dit pas qui les a écrites : un rédacteur peut écrire exactement les mêmes.
  • Aucun outil de création n'est un signal. Framer, Webflow et les autres ne coûtent pas un point, et sont détectés uniquement pour la fiche du rapport. L'outil n'a jamais été le sujet, l'absence de direction l'est.
  • Le référencement, la performance et l'accessibilité sont hors périmètre. Ils sont déjà mesurés gratuitement et correctement ailleurs, et les mélanger à ce diagnostic reviendrait à diluer le seul sujet que cette grille traite.
  • Une part du score reste un jugement, et le rapport dit toujours laquelle. Sur ce jugement, un même site inchangé peut bouger d'un scan à l'autre. Le rapport payant relève donc trois tirages et ne retient que la médiane, ce qui réduit l'écart sans le supprimer.
  • Un score porte sur une page, à un instant. Il ne dit rien du produit vendu, du sérieux de l'entreprise ni de la qualité de son service. Un site refait la semaine suivante donne un autre score, et c'est le résultat attendu.
  • Enfin, cette grille est un avis de forme, argumenté et daté. Chaque signal du rapport porte la mesure qui l'a déclenché, précisément pour qu'il puisse être contesté.

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La note, la carte des six familles et un signal expliqué sont gratuits. Sans compte et sans adresse email.

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